Entrevue complète

Les goûts éclectiques de Charlie Winston ?

23 juillet 2010

(bum) - Sa jeunesse ressemblait à celle dépeinte dans la sitcom britannique des années 1970, Fawlty Towers. Il a grandi en bohémien dans une famille d’artistes.

Ironiquement, son premier grand succès est la chanson Like a Hobo, que l’on retrouve sur son opus Hobo lancé au Canada en mars dernier. Ce même album qui est resté dans le top 40 des ventes en Europe plus d’un an après sa parution!

Rencontre avec l’auteur-compositeur-interprète britannique aux goûts éclectiques Charlie Winston, lequel a séduit, entre autres, la France et Peter Gabriel.


Tu connais un grand succès en France. Tu as même déménagé de l’Angleterre à Paris. Te sens-tu « comme un vagabond » (Like a hobo)?
Je suis toujours en train de me déplacer, alors, oui, en ce sens, je me sens comme un clochard!

Quand tu étais enfant, toi et ta famille habitiez dans un hôtel qui accueillait entre autres des musiciens, des compagnies de théâtre, des cirques et une troupe de danse Can Can. Avoir grandi dans un environnement de bohémiens a-t-il été un important élément précurseur à ta vie d’artiste?
Bien sûr. Cela a été une influence puissante, sans aucun doute. Mes parents étaient des chanteurs folk. J’ai grandi dans une atmosphère de divertissement, avec beaucoup de danse. Cela marque un enfant.

Quelles sont tes influences musicales?
C’est assez exigeant de répondre à cette question. Enfant, j’écoutais évidemment ce qu’écoutaient mes parents. Ils aimaient la musique folk, alors moi aussi. Dans les années 1980, alors que je grandissais, j’ai écouté le hip-hop à son début et mes frères écoutaient beaucoup de rock’n’roll et de groupes des années 1960 et 1970, comme les Beatles et Led Zeppelin.

Quand j’ai eu 10 ans, j’ai appris à jouer du piano avec ma sœur; j’ai été initié à la musique classique. Puis, je me suis intéressé au jazz, à la musique minimaliste, indienne, au reggae. J’ai chanté dans des groupes reggae.

J’ai des influences musicales variées, dans plusieurs styles de musique.

Ayant été influencé jeune par la musique hip-hop, pourrais-tu enregistrer de la musique de ce genre un jour?
Oui… mais je sens que cette influence se retrouve déjà quelque part dans ma musique. Mon disque est comme un seau rempli de différents styles musicaux. Je ne mets pas tous mes oeufs dans le même panier; j’aime les mélanger.

Il y a un petit quelque chose de Moby dans ta chanson Like a Hobo et de Lou Bega dans ta pièce I’m a Man. As-tu été inspiré par ces artistes lors de la création de ces morceaux??

J’admets que j’ai été inspiré par des éléments provenant des premiers albums de Moby, mais l’influence est très petite.

Qu’est-ce qui t’a inspiré à créer la chanson My Life as a Duck (Ma vie de canard)?
J’étais avec mes amis et nous nous demandions quel animal nous serions dans une prochaine vie. Tous mes amis nommaient des animaux assez glorieux comme l’aigle, le lion et le guépard; moi, je ne me voyais pas vraiment dans la peau de ces espèces. Le seul animal dans lequel je me voyais vraiment était le canard.

Puis, j’ai joué à un jeu créatif avec ma copine. On devait nommer un titre et écrire quelque chose en l’espace de 10 minutes. J’ai écrit les paroles de My life as a Duck. Voilà, la chanson était créée!
 
Tes chansons sont assez originales. Te définis-tu comme quelqu’un d’excentrique??

De dire que je suis un original ferait de moi quelqu’un d’assez peu original, je pense. Je préfère ne pas me définir. Je veux simplement être qui je suis et rester ouvert à la possibilité de changer au fil du temps.

Quelle est la pièce la plus significative à tes yeux sur ton album Hobo?

Je n’ai pas vraiment de préférence. Je perçois les chansons de mon disque comme mes enfants et l’album, comme la maison de ces enfants. Certains d’entre eux sont plus sociables que d’autres, à l’image des simples que je joue un peu plus en spectacle.

Dans ta chanson Tongue Tied, tu parles différentes langues, dont le français et un peu l’espagnol. As-tu créé ce morceau dans le but de pratiquer ton français et ton espagnol?
En quelque sorte, un peu! Mais la chanson a vraiment été créée parce que… J’avais commencé à apprendre l’espagnol et je prévoyais au départ déménager en Espagne. Je le voulais vraiment.

Cependant, des amis à Paris continuaient de m’organiser des spectacles dans la Ville lumière. Chaque fois que j’allais à Paris et que j’essayais de parler français, je me mélangeais avec l’espagnol. Voilà d’où vient vraiment la chanson Tongue Tied.

Tu as été découvert par le label Real World de Peter Gabriel. Tu as assuré la première partie des spectacles de cette légende en 2007. Vous êtes toujours de bons potes. Pensez-vous collaborer dans les prochains mois?
Pas dans les prochains mois, mais peut-être… En fait, je lui ai parlé à propos d’une collaboration. Son nouvel album s’appelle Scratch my Back et le concept de cet opus est la collaboration entre plusieurs artistes, où chacun joue les pièces des autres.

Tu as travaillé sur le premier album de ton frère, Tom Baxter, et vous faites tous les deux de la musique folk. Pensez-vous faire un duo un jour?

Oui, mais on l’a déjà fait d'une certaine manière : il a joué de la basse avec moi, pour moi et mon band et il joue de la guitare.

Par le passé, tu as joué dans le groupe de Tom et maintenant, il joue dans le tien…

C’est vrai, oui. Tout est à propos de la musique. La musique est reine!

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Charlie Winston donnera une prestation au festival montréalais Osheaga le 1er août. Cliquez ici pour connaître les autres dates et lieux de ses concerts.

Par Carolyne Marengo?

(BUM interactif)
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