

Rufus Wainwright voit le jour le 22 juillet 1973 à Rhinebeck dans l’État de New York, mais c’est à Montréal qu’il grandit, élevé par sa mère Kate McGarrigle. Cette dernière s’est divorcée du père de Rufus, Loudon Wainwright III, alors que l’artiste en devenir était enfant.
Ses parents ayant la fibre musicale, le petit Rufus hérite de cette passion qui semble se transmettre d’une génération à l’autre. À 13 ans, sept ans après avoir amorcé des cours de piano, le jeune garçon participe à la tournée des McGarrigle Sisters and Family, formation créée par sa mère et qui regroupe sa soeur Martha, sa tante Anna et Kate elle-même.
Il n’y a pas d’âge pour connaître la gloire : Rufus en est la preuve vivante. Le chanteur, entiché de grands artistes tels qu’Édith Piaf, Al Jolson et Judy Garland, sera vite reconnu pour son talent. Celui qui incarne un interprète dans le long métrage Tommy Tricker and the Stamp Traveller en 1988 – film pour lequel il a composé la pièce I'm a-Runnin’ – reçoit une mise en nomination aux Genie Awards dans la catégorie « Meilleure chanson pour un film » (Best Original Song). Puis, en 1990, il est cité dans la catégorie « Chanteur masculin le plus prometteur de l’année » (Most Promising Male Vocalist of the Year) aux Juno Awards.
Après de brèves études en musique à l’Université McGill, le jeune compositeur-interprète, épris de musique pop-rock, enregistre plusieurs pilotes avec le producteur québécois Pierre Marchand. Les enregistrements font leur chemin jusqu’aux portes de DreamWorks, qui sera vite charmée par son talent.
En 1998, Rufus, maintenant établi à New York, franchit une nouvelle étape dans sa carrière. Il lance son premier album, Rufus Wainwright, qui s’attirera les éloges de la critique. Le prestigieux magazine Rolling Stone attribue d’ailleurs au jeune musicien le titre d’artiste de l’année en plus de consacrer son premier effort « Album de l’année ». En 1999, le talentueux jeune homme récoltera la statuette du meilleur album alternatif (Best Alternative Album) aux Juno Awards.
Alors qu’il mène une tournée aux côtés de Sean Lennon, le fils du légendaire Beatles John Lennon, Rufus perd des forces. Exténué, il profite d’une pause bien méritée pour donner forme à son deuxième album, intitulé Poses. L’opus, qui sera lancé en 2001, connaîtra lui aussi du succès.
En 2002, Rufus récolte un deuxième prix Juno, toujours dans la catégorie « Meilleur album alternatif de l’année » (Best Alternative Album). Or, succès rime parfois avec débauche. Comme plusieurs artistes, Rufus plonge dans l’univers de la drogue. Encouragé par Elton John, il décidera toutefois de se reconstruire au cours d’une période d’introspection qui sera prenante et déterminante pour le chanteur. Les moments difficiles peuvent néanmoins être propices à la création. Rufus, qui s’installe au Bearsville Studio à Woodstock, avec le producteur Marius de Vries, décide de créer un album double. Le premier volet sortira en 2003, sous le titre Want One; puis l’année suivante, l’artiste donnera suite à son projet en lançant Want Two. Homosexuel affirmé depuis l’adolescence, il n’hésite pas à aborder le thème de l’homosexualité dans ses chansons.
Trois ans plus tard, Rufus lance encore une fois deux albums coup sur coup : Release the Stars et Rufus Does Judy at Carnegie Hall, un album enregistré en spectacle et qui rend hommage à Judy Garland. Avec Release the Stars, Rufus réussit à recréer l’intimité artistique comme il le souhaitait. Il dédie l’opus à sa mère, qui a souffert du cancer, événement l'ayant fortement ébranlé.
En plus d’avoir collaboré avec plusieurs artistes de renom et d’avoir accompagné entre autres Tori Amos et Sting en tournée, Rufus Wainwright a participé à la bande sonore de plusieurs longs métrages, dont Brokeback Mountain, The Aviator et Moulin Rouge! Récemment, il a incarné un prince charmant dans le film L’Âge des ténèbres, signé par le grand cinéaste québécois Denys Arcand.







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